Mardi 22 avril 2008
- Communauté : Loisirs et détente - Publié dans : Paris

Depuis l’âge de 16 ans Gregor Schneider (né à Rheydt en 1969) transforme l’intérieur de son foyer,
une maison héritée de son père située dans la ville de Rheydt en Allemagne. Engagé jusqu’en 2007
dans un travail in process, il crée sans cesse de nouvelles pièces, isole des chambres, évacue les
éléments de confort, clôt des ouvertures de fenêtres, en reproduit des artificielles, générant un
labyrinthe qu’il intitule Haus u r (« la maison u r »). Sporadiquement des visiteurs sont invités à y
passer la nuit et à partager son espace intime.
A partir des années 90 il reconstruit à l’identique des sections de sa maison dans des musées ou
des galeries.

A la Biennale de Venise 2001, il transpose la maison u r dans le pavillon allemand, et construit un
dédale de pièces sombres et inquiétantes qui ouvrent chacune sur des escaliers, des passages
incongrus et des cul-de-sac que doit emprunter seul le visiteur avant de pouvoir sortir et se sentir
enfin libéré. Il reçoit le Lion d’or pour cette oeuvre au titre de Totes Haus u r (« La maison morte »).
En 2004, avec Die Familie Schneider (« La famille Schneider », Londres) Gregor Schneider commence
à se détacher de la maison u r pour créer de nouveaux espaces complexes dérivés de sa première
oeuvre.
Pour cette exposition il invite le public à prendre rendez-vous pour accéder à deux maisons
jumelles se jouxtant: deux architectures domestiques classiques d’un étage, habitées chacune
d’une famille aux ressemblances troublantes, affairées aux mêmes taches, dans les mêmes pièces.
Seul, invisible aux regards des « habitants » des lieux, le visiteur est jeté dans un trouble qu’il
redouble, à la fois intrus et voyeur de l’espace domestique de la famille Schneider.
Plus récemment dans son exposition Weisse Folter (« Torture blanche », 2007) au K20K21
Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen à Düsseldorf, Gregor Schneider porte son intérêt sur
l’espace public et dresse un portrait de l’univers carcéral. En se référant à la prison de haute
sécurité de Guantanamo (Camp V), il recrée un lieu oppressant où se succèdent des cellules, de
longs couloirs, une salle d’interrogatoire ou encore une pièce entièrement noire dont la sortie ne
peut être découverte que par tâtonnements, plongeant le public dans un nouvel effroi.
Pour son exposition à la maison rouge, Gregor Schneider poursuit sa réflexion sur l’architecture et
envisage une installation pensée tout spécialement pour le lieu. Il invite les visiteurs à se laisser
guider par un parfum doucereux et à passer de l’autre côté des murs de la salle d’exposition. Il leur
propose de quitter la salle blanche pour les espaces sombres des doublages, et découvrir ce qui les
habite, les hante, et rencontrer leurs propres peurs de l’inconnu.
1-Haus u r, Rheydt, Allemagne ©Gregor Schneider
2-Ur 45, Steindamm, 2003, Hamburger Kunsthalle, Hamburg ©Gregor Schneider



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